Perte de sens, de valeurs et de liens

Témoignage recueilli par La Tresse 50+ et publié par Uniques & Résilients.

Ce qui compte, c’est le lien, le sens, et le fait de se sentir vivant.

Juan, 60 ans

Après deux burn-out et plusieurs vies professionnelles, Juan a choisi un travail plus concret et plus humain. Au Jardin de la Chlorophylle, il retrouve le sens, les relations et la transmission qui lui manquaient, quitte à préférer la fatigue physique à l’épuisement mental.

La Tresse 50+ : Quelle place occupe aujourd’hui le travail dans votre vie ?

Juan : Aujourd’hui, le travail occupe une place centrale. Je travaille 26 heures par semaine, donc c’est quand même une place importante.

La Tresse 50+ : Votre rapport au travail a-t-il changé après 50 ans ?

Juan : Oui. Au départ, j’ai eu des postes avec beaucoup de responsabilités. J’ai travaillé dans l’industrie, à l’étranger, puis dans d’autres domaines. J’ai aussi fait deux burn-out, un vers 40 ans, l’autre vers 50 ans.
Avec le temps, j’ai dû trouver des postes qui me conviennent mieux.
Aujourd’hui, je suis plus sensible à mon bien-être qu’à la fonction ou à la tâche. Si je ne suis pas bien dans ma tête, je n’avance plus.
Quand j’étais plus jeune, je pouvais faire des choses qui ne me plaisaient pas forcément. Aujourd’hui, à 60 ans, si je n’aime pas, je ne peux pas faire. Mon bien-être est remis en cause, et quand mon bien-être est remis en cause, mon travail est impacté.

La Tresse50+ : Avez-vous parfois eu le sentiment de ne plus avoir votre place ?

Juan : La question ne s’est pas posée comme ça pour moi. Mais j’ai dû changer de cadre plusieurs fois, parce que certains postes ne me convenaient plus.

La Tresse 50+ : Est-ce qu’un moment ou un changement a modifié votre regard sur l’avenir ?

Juan : Oui, les burn-out ont changé mon rapport au travail.
Je ne peux plus travailler comme avant. Il faut que le poste me convienne. Il faut que je sois bien. Sinon, ça ne marche plus.

La Tresse 50+ : Quelle place occupe aujourd’hui le travail dans votre vie ?

Juan : Aujourd’hui, le travail occupe une place centrale. Je travaille 26 heures par semaine, donc c’est quand même une place importante.

La Tresse 50+ : Votre rapport au travail a-t-il changé après 50 ans ?

Juan : Oui. Au départ, j’ai eu des postes avec beaucoup de responsabilités. J’ai travaillé dans l’industrie, à l’étranger, puis dans d’autres domaines. J’ai aussi fait deux burn-out, un vers 40 ans, l’autre vers 50 ans.
Avec le temps, j’ai dû trouver des postes qui me conviennent mieux.
Aujourd’hui, je suis plus sensible à mon bien-être qu’à la fonction ou à la tâche. Si je ne suis pas bien dans ma tête, je n’avance plus.
Quand j’étais plus jeune, je pouvais faire des choses qui ne me plaisaient pas forcément. Aujourd’hui, à 60 ans, si je n’aime pas, je ne peux pas faire. Mon bien-être est remis en cause, et quand mon bien-être est remis en cause, mon travail est impacté.

La Tresse50+ : Avez-vous parfois eu le sentiment de ne plus avoir votre place ?

Juan : La question ne s’est pas posée comme ça pour moi. Mais j’ai dû changer de cadre plusieurs fois, parce que certains postes ne me convenaient plus.

La Tresse 50+ : Est-ce qu’un moment ou un changement a modifié votre regard sur l’avenir ?

Juan : Oui, les burn-out ont changé mon rapport au travail.
Je ne peux plus travailler comme avant. Il faut que le poste me convienne. Il faut que je sois bien. Sinon, ça ne marche plus.

La Tresse 50+ : À quels moments vous êtes-vous senti utile ?

Juan : Pratiquement tout le temps.
Quand j’étais responsable de production, je gérais des équipes, des problèmes humains, des situations à l’étranger. Je me sentais utile.
Ensuite, quand j’ai travaillé dans le monde animalier, il y avait les opérations, l’accueil des gens, c’était varié. Je me sentais utile aussi.
Quand j’ai travaillé auprès de personnes en situation de handicap, j’étais parfois la prolongation d’un membre, d’une main, d’une tête, pour quelqu’un qui ne pouvait pas faire seul. Là aussi, je me sentais utile.
Aujourd’hui, je travaille dans un jardin. Il faut l’entretenir, planter, accueillir des groupes, animer. Il y a des enfants qui viennent, des personnes âgées aussi. Je me sens utile.
C’est plus physique, mais pour moi cette fatigue est plus saine qu’une fatigue mentale.

La Tresse 50+ : Qu’aimeriez-vous transmettre ou apporter ?

Juan : La transmission, pour moi, c’est important.
J’ai environ 40 ans d’expérience de travail, de voyages, de vie. Pouvoir transmettre cette expérience, je trouve ça bien.
C’est comme faire gagner du temps à quelqu’un. Moi, j’ai été longtemps autodidacte. J’ai perdu du temps à me chercher. Quand quelqu’un peut t’aider avec son expérience, ça peut te faire gagner du temps.
Mais il faut que ce soit avec quelqu’un qui a envie d’apprendre.

La Tresse 50+ : Avez-vous le sentiment que la société utilise correctement l’expérience des personnes de plus de 50 ans ?

Juan : Je dirais non.
Mais pour moi, c’est plus large que les plus de 50 ans. J’ai l’impression qu’on est dans une société où il y a une perte de sens, une perte de valeurs, une perte de repères.
Une fois, avec un collègue, on travaillait sur un labyrinthe. Il a dit quelque chose qui m’a marqué : on fabrique encore des trucs pour se perdre, alors que les gens sont déjà perdus.
Je me suis retrouvé dans cette phrase.

La Tresse 50+ : Qu’est-ce qui vous donne encore envie d’avancer aujourd’hui ?

Juan : L’envie, le désir, la vie. Pour moi, c’est clair.

La Tresse 50+ : Vous sentez-vous relié à votre territoire ?

Juan : Non.
Je suis revenu dans ma région pour rejoindre ma famille. Je pensais peut-être me sentir relié à un territoire où j’avais grandi, mais non. J’ai vécu un peu partout, et je n’ai jamais eu cette sensation d’être attaché à une terre.
Je n’ai pas trouvé un endroit où je me dise : c’est là.

La Tresse 50+ : Y trouvez-vous quand même une place ?

Juan : Oui, à travers les liens avec les gens.
Si je suis bien avec les gens, je trouve une place. Le rapport humain me fait avoir une place. Tu existes pour quelqu’un d’autre.
Au travail, c’est pareil. On est plusieurs, on a une relation les uns avec les autres, et c’est très sympathique.

La Tresse 50+ : Qu’est-ce qui manque, selon vous, pour les personnes de plus de 50 ans ?

Juan : Du lien.
Du lien entre les gens, des activités, des choses qui mettent les personnes en relation. J’ai l’impression que tout le monde est dans son coin, et qu’on est tous un peu en train de crever chacun dans son coin.

La Tresse 50+ : Comment aimeriez-vous vivre les prochaines années ?

Juan : C’est une grande question.
J’aimerais vivre les prochaines années sereinement. Être bien avec moi-même et avec les autres. Que ma vie garde du sens.


La Tresse 50+ : Sous quelle forme aimeriez-vous rester actif ou engagé ?

Juan : En continuant à participer à des activités, à travailler avec les autres, à transmettre quand la personne en face a envie d’apprendre.
Ce qui compte, c’est le lien, le sens, et le fait de se sentir vivant.

La Tresse 50+ : À quels moments vous êtes-vous senti utile ?

Juan : Pratiquement tout le temps.
Quand j’étais responsable de production, je gérais des équipes, des problèmes humains, des situations à l’étranger. Je me sentais utile.
Ensuite, quand j’ai travaillé dans le monde animalier, il y avait les opérations, l’accueil des gens, c’était varié. Je me sentais utile aussi.
Quand j’ai travaillé auprès de personnes en situation de handicap, j’étais parfois la prolongation d’un membre, d’une main, d’une tête, pour quelqu’un qui ne pouvait pas faire seul. Là aussi, je me sentais utile.
Aujourd’hui, je travaille dans un jardin. Il faut l’entretenir, planter, accueillir des groupes, animer. Il y a des enfants qui viennent, des personnes âgées aussi. Je me sens utile.
C’est plus physique, mais pour moi cette fatigue est plus saine qu’une fatigue mentale.

La Tresse 50+ : Qu’aimeriez-vous transmettre ou apporter ?

Juan : La transmission, pour moi, c’est important.
J’ai environ 40 ans d’expérience de travail, de voyages, de vie. Pouvoir transmettre cette expérience, je trouve ça bien.
C’est comme faire gagner du temps à quelqu’un. Moi, j’ai été longtemps autodidacte. J’ai perdu du temps à me chercher. Quand quelqu’un peut t’aider avec son expérience, ça peut te faire gagner du temps.
Mais il faut que ce soit avec quelqu’un qui a envie d’apprendre.

La Tresse 50 : Avez-vous le sentiment que la société utilise correctement l’expérience des personnes de plus de 50 ans ?

Juan : Je dirais non.
Mais pour moi, c’est plus large que les plus de 50 ans. J’ai l’impression qu’on est dans une société où il y a une perte de sens, une perte de valeurs, une perte de repères.
Une fois, avec un collègue, on travaillait sur un labyrinthe. Il a dit quelque chose qui m’a marqué : on fabrique encore des trucs pour se perdre, alors que les gens sont déjà perdus.
Je me suis retrouvé dans cette phrase.

La Tresse 50+ : Qu’est-ce qui vous donne encore envie d’avancer aujourd’hui ?

Juan : L’envie, le désir, la vie. Pour moi, c’est clair.

La Tresse 50+ : Vous sentez-vous relié à votre territoire ?

Juan : Non.
Je suis revenu dans ma région pour rejoindre ma famille. Je pensais peut-être me sentir relié à un territoire où j’avais grandi, mais non. J’ai vécu un peu partout, et je n’ai jamais eu cette sensation d’être attaché à une terre.
Je n’ai pas trouvé un endroit où je me dise : c’est là.

La Tresse 50+ : Y trouvez-vous quand même une place ?

Juan : Oui, à travers les liens avec les gens.
Si je suis bien avec les gens, je trouve une place. Le rapport humain me fait avoir une place. Tu existes pour quelqu’un d’autre.
Au travail, c’est pareil. On est plusieurs, on a une relation les uns avec les autres, et c’est très sympathique.

La Tresse 50+ : Qu’est-ce qui manque, selon vous, pour les personnes de plus de 50 ans ?

Juan : Du lien.
Du lien entre les gens, des activités, des choses qui mettent les personnes en relation. J’ai l’impression que tout le monde est dans son coin, et qu’on est tous un peu en train de crever chacun dans son coin.

La Tresse 50+ : Comment aimeriez-vous vivre les prochaines années ?

Juan : C’est une grande question.
J’aimerais vivre les prochaines années sereinement. Être bien avec moi-même et avec les autres. Que ma vie garde du sens.

La Tresse 50+ : Sous quelle forme aimeriez-vous rester actif ou engagé ?

Juan : En continuant à participer à des activités, à travailler avec les autres, à transmettre quand la personne en face a envie d’apprendre.
Ce qui compte, c’est le lien, le sens, et le fait de se sentir vivant.

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