Retraitée et encore utile !
Témoignage recueilli par La Tresse 50+ et publié par Uniques & Résilients.

Une fois, une dame m’a dit que j’avais égayé la journée de sa mère.
Elisabeth, 67 ans
À 67 ans, Elisabeth continue à travailler par choix, pour rester active et rencontrer les autres. Ancienne ouvrière, elle transmet aujourd’hui ses savoir-faire, notamment la couture, tout en prouvant avec humour que la retraite ne signifie pas devenir inutile.
La Tresse 50+ : Quelle place occupe aujourd’hui le travail dans votre vie ?
Elisabeth : Je suis à la retraite, mais je travaille encore. Je travaille chez des personnes, je fais du ménage quelques heures par semaine, et je travaille aussi sur un marché.
Honnêtement, au niveau argent, je n’ai pas besoin de travailler. Je travaille parce que j’en ai besoin. C’est ma vie comme ça. J’aime le contact avec les gens.
La Tresse 50+ : Votre rapport au travail a-t-il changé après 50 ans ?
Elisabeth : Non, pas vraiment. Mon travail avant et mon travail maintenant, ça n’a pas changé ma vie.
J’aime travailler. J’aime être avec les gens. À partir du moment où je me plains, je n’ai qu’à arrêter. Si je me lève tôt, c’est parce que je le veux bien.
La Tresse 50+ : Avez-vous parfois eu le sentiment de ne plus avoir votre place ?
Elisabeth : Non. Jamais.
Quand je travaillais à l’usine, j’avais mon poste. Ensuite, après ma première fille, on m’a fait bouger dans l’usine, mais je ne me suis pas dit que je n’avais plus ma place.
Quand tu es retraitée, ce n’est pas parce que tu es retraitée que tu es inutile. Il ne faut surtout pas se dire ça.
La Tresse 50+ : Est-ce qu’un moment ou un changement a modifié votre regard sur l’avenir ?
Elisabeth : Non, franchement non. On vieillit forcément, mais je n’y pense pas.
C’est quand j’y pense que je me dis : j’ai déjà 67 ans. Mais sinon, je ne pense pas à mon âge. Je continue.
La Tresse 50+ : À quels moments vous sentez-vous utile ?
Elisabeth : Je me sens utile dans les petits liens du quotidien.
Quand je travaille sur le marché, je parle avec les personnes. Parfois, je dis un petit mot, j’embrasse quelqu’un, je prends des nouvelles. Une fois, une dame m’a dit que j’avais égayé la journée de sa mère. Ça m’a fait plaisir.
Je suis utile aussi avec mes enfants. Tous les dimanches, je fais à manger pour eux. Ils viennent manger et ils repartent avec une gamelle. Tant que je peux le faire, je le fais.
La Tresse 50+ : Qu’aimeriez-vous transmettre ou apporter ?
Elisabeth : La confiance en soi, déjà.
Il faut se dire : je suis capable, je peux le faire. Après, chacun est différent, bien sûr. Moi, je n’ai pas de gros soucis de santé.
Et puis je peux transmettre des choses concrètes. Par exemple, dans un atelier couture, j’ai montré à une jeune fille comment utiliser une surjeteuse. Elle ne savait pas coudre, alors je lui ai appris.
À nos âges, on a appris des choses. Et on apprend encore.
La Tresse 50+ : Avez-vous le sentiment que la société utilise correctement l’expérience des personnes de plus de 50 ans ?
Elisabeth : Non.
Je pense que les entreprises se disent vite : elle est trop âgée, elle ne va pas réussir à faire ce qu’on va lui demander.
Mais il faut regarder les personnes. Il y a des gens qui sont moins bien portants que moi, bien sûr. Chacun est différent. Mais on ne peut pas dire qu’une personne est inutile parce qu’elle est retraitée ou qu’elle a plus de 50 ans.
La Tresse 50+ : Qu’est-ce qui vous donne encore envie d’avancer aujourd’hui ?
Elisabeth : M’engager dans un grand projet, non, pas forcément à mon âge.
Mais aider quelqu’un de plus jeune, oui. Si une personne veut apprendre à coudre, ou créer quelque chose, je peux donner des conseils. Dire : fais comme ça, ne fais pas comme ça.
Ça, oui, bien sûr.
La Tresse 50+ : Vous sentez-vous reliée à votre territoire ?
Elisabeth : Oui. Je me sens bien dans ma ville, dans mon quartier, dans les lieux où je vais.
Je vais à mes activités, je travaille, je vais à la piscine, à la couture. Je ne suis pas inactive.
La Tresse 50+ : Y trouvez-vous encore une place ?
Elisabeth : Oui, largement.
Je travaille, je vois du monde, je fais mes activités. Je suis comme ça.
La Tresse 50+ : Qu’est-ce qui manque, selon vous, pour les personnes de plus de 50 ans ?
Elisabeth : Il manque des commerces de proximité.
Je pense aux personnes qui n’ont pas de voiture. Elles doivent faire leurs courses à pied, avec un petit chariot. Ce n’est pas toujours simple.
La Tresse 50+ : Comment aimeriez-vous vivre les prochaines années ?
Elisabeth : J’aimerais continuer comme je suis, tant que je peux.
Continuer à travailler, aller à mes activités, voir mes enfants, cuisiner, bouger.
Quand je ne pourrai plus, ce sera autre chose. Mais tant que je peux, je continue.
La Tresse 50+ : Sous quelle forme aimeriez-vous rester active ou engagée ?
Elisabeth : En continuant ce que je fais déjà.
Travailler, aller à la piscine, faire de la couture, aider si quelqu’un me demande, transmettre ce que je sais.
Un retraité n’est pas inutile. Un retraité peut faire du bénévolat, garder des enfants, aider à l’école, transmettre. Il peut toujours faire quelque chose, selon ses possibilités.
Et vous, souhaitez-vous témoigner ?
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